Moëlan notre commune : l'Intercommunalité

L'Interco, un enjeu pour les municipales

« Oui à une Interco basée sur la coopération et la mutualisation des moyens entre communes mais refus d’une vassalisation des communes au profit de l’Interco. »

 

Publié le 17 février 2020

Ces derniers mois, à travers la quasi-totalité des médias, nous avons entendu, comme une litanie se répandre : l’idée que la situation des maires des petites communes, surtout rurales, était devenue insupportable. Dans les grandes lignes, c’est vrai et probablement même sous-estimé et l’on peut étendre le problème jusqu’aux communes plus importantes, comme la nôtre.  Ce constat fait, il faut essayer d’aller un peu plus loin et comprendre ce qui a rendu un des échelons démocratiques de notre pays difficilement  vivable pour les citoyens dits « lambda ».

Coupes et pressions budgétaires, responsabilités accrues sans moyens supplémentaires et loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) sont les armes qui ont permis  cette asphyxie progressive des communes et de leurs conseils municipaux.

Et puis un jour, quand tout cela sera bien mûr, à force de campagnes médiatiques et de réelles difficultés créées de toute pièce, ce président de la République ou un autre du même acabit s’exclamera : « Eureka », j’ai trouvé la solution, supprimons les élections municipales et votons directement pour la Communauté de Communes ! Et voilà, le tour est joué,  1 /  0, la balle au centre et le peuple à la niche.

Car, c’est bien ça qui en train de se préparer et depuis un bail. Les derniers présidents et gouvernements qui se sont succédés depuis 2 ou 3 décennies ont préparé, ou plutôt miné le terrain.

Ce qui nous échappe souvent à nous citoyens de « base » c’est la notion de temps. Eux, la classe dominante, le monde de l’argent et tous leurs sbires ne sont pas dans l’immédiat et leur stratégie peut s’étaler sur plusieurs décennies. Les casses de la SNCF, de l’EDF ont pris du temps avant qu’ils ne soient confiés au secteur privé. Il en est de même pour l’hôpital public, l’éducation nationale et les universités, cela prendra le temps qu’il faudra. C’est après 75 ans d’existence qu’ils tentent de mettre à bas notre système de retraite, et ce sera après 80 ou 90 ans qu’ils tenteront de privatiser définitivement la Sécu. C’est le côté obscur, quasiment vichyste, de cette oligarchie (ou synarchie) qui continue de prendre sa revanche sur les conquêtes de la Libération et le programme du C.N.R.

Pour cela, il leur faut aussi restreindre les voies institutionnelles permettant l’expression des oppositions et des revendications, c’est ce qu’ils ont fait au niveau de l’entreprise en limitant les droits des CE, CHSCT et DP et c’est ce qu’ils font aussi pour les communes.

Nous ne refusons pas l’intercommunalité, au contraire, mais à condition qu’il ne s’agisse que de coopération et de mutualisation des ressources et non pas de subordination à l’échelon intercommunal. Sur le dernier mandat à Moëlan, nous avons pu constater comment notre commune a souffert d’un certain ostracisme vis-à-vis des instances intercommunales (refus d’une vice-présidence, etc.) et cela parce que la municipalité de Moëlan était d’un autre bord que la majorité siégeant à l’Interco de Quimperlé. Et ce constat n’est en aucune façon un quelconque soutien à la majorité municipale de droite actuelle, il est probable que l’inverse eût été identique.

Alors oui, ce combat est difficile, mais comme tous les autres combats pour plus de social, plus d’écologie, moins d’inégalité et plus de démocratie. Il faut pourtant les mener, avec les moyens du bord, le plus souvent, mais avant tout grâce à la prise de conscience du plus grand nombre sur les enjeux réels et les forces qui sont en cause.

 

Publié le 20 février 2020

Déclaration de Valérie Favril au conseil municipal de Moëlan le 19/02/2020 :

Nous avons souvent dénoncé les dangers que représentent les transferts de compétences entre communes et Intercommunalité, aujourd’hui nous ne pouvons que constater les dégâts de cette réalité et ce n’est qu’un début.

 

Dans le dernier magazine de Quimperlé Communauté il est écrit, à propos du PLUi, page 17 :

« c’est une version qui n’est pas définitive car elle est amenée a être modifiée après les avis des communes ». Le Conseil municipal de Moëlan a donc encore un peu de pouvoir...

 

Vous nous demandez donc ce soir de donner un avis sur le projet de PLUi arrêté le 19 décembre 2019 par QC. Or de notre point de vue, ce PLUi est défavorable aux moelanais.

 

-Premièrement : dans le PLUi, la zone d’activités dite de Kervignac-Keranna (zone économique) a été requalifiée en zone agricole, ce qui enlève toute capacité d’accueil à de nouveaux artisans.

 

Cette décision affecte donc l’attractivité de notre commune au niveau économique et la rend moins attractive pour les jeunes qui auront moins de raisons de venir s’installer chez nous.

 

Mais cette zone n’est pas perdue pour tout le monde, car par un subtil tour de passe-passe, on en retrouve une partie à Mellac, une autre à Quimperlé et une autre à Clohars...

 

Cela s’appelle déshabiller Marcel pour habiller Bernard, Mickael et Jacques, et n’allez pas croire que cela est juste de la politique politicienne !!!

 

Deuxièmement : lors d’une réunion publique de présentation du PLUi organisée à Quimperlé fin 2019, j’étais intervenu pour demander pourquoi le PLUi allait être voté avant la modification du Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) de QC, lancée en 2018 pour tenir compte des modifications de la loi Littoral ?

 

La loi et l’État exigent en effet que le SCoT modifié soit approuvé avant le PLUi, mais sur notre territoire, nous faisons l’inverse… se serait risible si cela ne fragilisait pas grandement la légalité du PLUi sur lequel nous devons nous prononcer ce soir…

 

Cette question de la loi Littoral est importante car les certificats d’urbanisme et les permis illégaux délivrés sur la base du POS et du PLU de Moëlan ont coûté plus de 500.000 euros à notre commune !!! Les personnes intéressées peuvent retrouver ces décisions de justice sur internet !

 

Le PLUi comprend à nouveau des zones illégales (Kersalut, Kerancalvez, Kerglouanou, Kervégant, Landuc...) ce qui expose à nouveau les finances de la commune !

 

Nous avons encore d’autres griefs contre ce projet mais ces deux exemples nous conduisent à nous opposer à ce projet de PLUi provisoire et je demande à tous les groupes et tous les élus de Moëlan de donner un avis défavorable, dans l’intérêt de notre commune.

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