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Réouverture de l'école

Bien sûr, de nombreuses familles avaient besoin que les enfants reprennent l'école : comment vivre avec plusieurs enfants, confinés dans de petits appartements ? Comment vivre avec 84 % de son salaire quand on ne gagne déjà qu'un smic ? Sans compter les pertes d'heures supplémentaires, de primes de présence ou de week-end. Que faire de ses enfants quand on est indépendant ou quand on recherche du travail ?.… Beaucoup de familles ne se sont pas posé la question : « l’école ouvre, on inscrit nos enfants »

Alors oui, si nous voulons rendre ce service aux familles, ouvrons les écoles mais assumons ! Il s'agit de faire de la garderie !

Arrêtons de nous cacher derrière de grandes idées et de beaux discours : «  il faut que les enfants précaires et les décrocheurs aient les mêmes chances scolaires que les autres , il ne faut pas que les enfants perdent leurs acquis, ils ont besoin de se retrouver entre eux et avec leur enseignant pour apprendre.... »

Quelle école ont retrouvée les enfants aujourd'hui ?

Une école où se rapprocher de son copain, même pour l'aider, est dangereux et interdit.

Une école où il ne faut surtout pas partager son jouet, son matériel.

Une école où les enseignants ne pourront pas faire manipuler du matériel, faire des jeux d'apprentissage collectif... Comment vont apprendre les enfants de grande section et de CP, en particulier, s'ils n'ont plus le droit qu'au papier-crayon ? ….

Bien sûr, nous faisons confiance aux enseignants et au personnel de mairie pour inventer et aider au mieux nos enfants. Mais tous les témoignages reçus en cette fin de semaine montrent que le temps passé à enseigner est quand même très réduit, en lien avec toutes les mesures de prévention…

« Oui mais une école où l'égalité entre tous les enfants sera retrouvée » nous direz-vous. Quelle égalité ?

Déjà, depuis de nombreuses années, l'école, mise à mal par toutes les réformes, creuse les inégalités. Et bien sûr, nous ne mettons pas en cause les enseignants qui font tout ce qu'ils peuvent pour que chacun réussisse malgré leurs conditions de plus en plus difficiles.

Mais aujourd'hui ? Beaucoup d'enfants ne reprennent pas le chemin de l'école de la même façon. Dans les grandes villes, tous les enfants « volontaires » ne seront pas accueillis car il y a des priorités et les mesures sanitaires imposant un nombre d'enfants par classe, il n'y aura pas assez de moyens pour tous les accueillir.

Si l'on ne s'intéresse qu'à Moëlan, nous retrouvons déjà plusieurs groupes d'enfants:

D'après M. le maire, environ 75 % des élèves sont rentrés à l'école la semaine dernière. Ce qui signifie qu'un quart des enfants sont restés chez eux. Et, comme le montrent plusieurs enquêtes nationales, ce sont souvent les enfants précaires ou décrocheurs qui n'ont pas demandé le retour. Les enseignants de Moëlan pourraient certainement nous donner quelques infos sur ce point.

D’autres, plus favorisées, avaient la possibilité de garder leurs enfants (télétravail, solutions de garde…) et d’attendre avant de les exposer à un risque.

Au bourg, le nombre d'enfants volontaires et le nombre d'enseignants permettent une reprise sur 4 jours.

A Kermoulin et Kergroes il s'agit d'une reprise 2 jours sur 4.

Les enfants de petite section et moyenne section ne rentrent pas pour le moment afin de respecter au maximum les barrières sanitaires. Et cela semble être la solution la plus raisonnable.

Nous voyons donc qu'il n'y a pas égalité de scolarisation.

Bien sûr, nous reconnaissons le travail réalisé par la municipalité, par les enseignants et par le personnel communal pour réussir à mettre sur pied cette rentrée sous surveillance. Leur travail de première ligne se fait peut-être au détriment de leur santé. Comme pour le personnel soignant, on valorise leur volontariat (n'est-il pas un peu obligatoire?), « le fait qu'ils donnent de leur temps sans compter » (au prix de quelques entorses au code du travail ?), avec le sentiment exprimé par certains que « leur vie ne vaut pas grand chose ». Mais quelle reconnaissance réelle et pour quels intérêts ?

Bien sûr, le gouvernement a imposé cette réouverture des écoles et a laissé toute la responsabilité aux maires, aux enseignants, aux parents… Que se passera-t-il si des cas apparaissent, comme c’est le cas dans différents endroits ? Il aurait peut-être été plus utile de prendre toute cette fin d'année pour permettre de réels échanges où parents, enseignants, élus auraient préparé une rentrée en septembre où tous les enfants auraient pu être accueillis dans de bonnes conditions, avec des barrières sanitaires certes, mais avec une réelle possibilité pédagogique.

 

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